Etats-Unis : le refus de visa à Tariq Ramadan annulé
La Cour d’appel fédérale de Manhattan a infirmé le jugement rendu en première instance qui avait empêché Tariq Ramadan d’obtenir un visa d’entrée pour enseigner aux Etats-Unis, en 2004. L’intellectuel musulman genevois a qualifié cette décision de "victoire".
Tariq Ramadan, qui avait obtenu une Chaire permanente à l’Université Notre-Dame (Indiana), avait été empêché de fouler le sol américain (et son premier visa révoqué) au motif de dons qu’il avait versés de 1998 à 2002 à un organisme de bienfaisance, le Secours palestinien.
Cette organisation a été placée en 2003 par Washington sur une liste noire anti-terroriste parce que proche du mouvement islamiste palestinien Hamas. Les juges estiment que le gouvernement américain est tenu de confronter le professeur de 46 ans aux allégations portées contre lui.
Lors de la procédure, M.Ramadan avait indiqué qu’il ignorait les liens entre l’oeuvre de bienfaisance et le terrorisme, et qu’il pensait que l’organisation était impliquée dans des projets humanitaires légitimes.
"L’association n’apparaissait sur aucune liste noire au moment où j’ai versé de l’argent pour des projets éducatifs. Comment aurais-je pu avoir connaissance de ces soupçons un an avant" les autorités américaines, a expliqué M.Ramadan. "C’est ridicule".
"Nous attendons qu’une décision politique mette définitivement un terme à cette triste affaire. Des signes très encourageants nous parviennent de la nouvelle administration Obama", a-t-il indiqué.
L’intellectuel genevois a précisé qu’il n’avait plus l’intention de s’établir aux Etats-Unis. "J’ai un poste fixe à l’université d’Oxford, en Angleterre", a-t-il rappelé. Un visa lui permettrait toutefois de répondre aux "dizaines d’invitations" reçues des Etats-Unis pour s’exprimer.
Tariq Ramadan veut un enseignement de « haut niveau »
L’intellectuel musulman genevois Tariq Ramadan est pour une formation des imams en Suisse.
Selon lui, un enseignement « de haut niveau » pour ces ministres du culte est « nécessaire ».
Interrogé mardi par l’ATS, M. Ramadan a indiqué qu’il soutenait « depuis 20 ans » les initiatives en vue de la formation des imams dans les pays où ils vivent. « Je suis très content que la Suisse y vienne également ».
Une formation exigente est « nécessaire », relève le professeur d’études islamiques contemporaines à l’université d’Oxford, en Angleterre.
Selon l’intellectuel, les musulmans doivent être consultés durant le processus visant à mettre sur pied cette formation. « Il ne faut pas que l’Etat cherche à contrôler les musulmans à travers l’enseignement prodigué aux futurs imams », met en garde M. Ramadan.
Ce dernier salue les suggestions en vue du financement de la formation. Les auteurs de l’étude du Fonds national relèvent que de nombreuses personnes consultées souhaitent que l’Etat apporte une contribution comparable à celle qu’il verse aux Eglises chrétiennes cantonales.
Un impôt musulman similaire à l’impôt ecclésiastique pourrait également être prélevé. M. Ramadan apprécie le caractère mixte du financement qui permet « l’égalité vis-à-vis des autres religions » et l’indépendance politique et financière de l’ensemble du processus.
(ats)
SOURCE : 20minutes.ch





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