Il faut partir. Quitter un lieu, ceux que l’on aime, un être, une histoire, des yeux, un sourire. Quitter pour trouver, quitter pour se perdre, quitter pour gagner.
Partir, et au nom du sens chercher le sens : pour mieux sourire apprendre à pleurer. Un coeur oppressé et une promesse de liberté. Les départs sont des fuites autant que des retrouvailles.
J’étais dans cette voiture qui m’emmenait. Mon corps s’en allait, mon coeur était resté et mes yeux luttaient, tiraillés, troublés, brouillés. C’est donc cela ? Il faut partir ? Quitter ? Se quitter ? Aimer ici, aimer là-bas ; seul sans toi, seul avec moi. Partir seul, accompagné de soi.
Le paysage avait la beauté de mes larmes et de mes questions. Beau, si beau, au soleil des horizons. Je souriais la gorge nouée. Je ne savais pas pourquoi, pourquoi si fort, pourquoi si profondément. Je pleurais, les arbres souriaient. Le silence de mon être faisait écho à la nature de ses chants.
Il faut donc toujours partir ? Vivre c’est partir ? Quitter, s’en aller, pleurer et sourire, aimer et vieillir ? Mourir ? La route m’appelait, m’avalait, me mangeait déjà. J’étais parti, j’étais pris.
J’ai essuyé mes larmes. Pensé au jeûne du corps et du coeur. J’ai souri. Ces départs. La vie. La tristesse est si belle, l’absence si pleine et mes faiblesses m’habitent et me peinent.
Les sentences de la vie. Il faut parfois rester, parfois partir. Sourire, pleurer. La solitude de soi, le silence de l’être. Être avec l’Un, vide de soi. Apprendre à partir, à ne point revenir. Parfois, une fois.
Alors le corps jeûne autant qu’il parle. Sans mots, sans larmes. Partir, c’est vivre. Partir est une façon de parler. Saurais-je écouter ? La gorge nouée, les yeux troublés. Les sentences acceptées, ma liberté...
Ma route.





Version imprimable
Nous informons tous les internautes que seuls les messages de débat sur le fond seront diffusés ; toute attaque personnelle ou message sans rapport avec les articles sera systématiquement supprimé.
